L'écriture du mois

                              Avis  aux Amateurs  :
 ECRITURE MAISON

Cette nouvelle rubrique vous propose chaque mois une  production écrite de nos adhérents :
   Poésies ou textes     

 En octobre l’automne déploie ses charmes avec un poème de  Pascale de l'atelier écriture 

« L’automne est une saison sage et de bon conseil. »

Félix-Antoine Savard


,Donne-moi un bon conseil,
Abeille
Une idée pour faire mon miel 

Donne-moi un conseil d'ami,
Fourmi,Une fois l'été fini.

Donnez-moi un matin d'aurtomne,
Colchique et anémone,
Un petit vent qui frisonne
Au jardin mouillé,

Un brouillard qui se pelotonne
Au raz des cheminées,
des perles d'argent qui s'additionnent
sur la toile d'araignée.

Provision de petits bonheurs 
Plein mon grenier de sagesse
Que l'hiver aux heures
 De détresse
Pourra toujours venir chercher là.

 En septembre un bon vent a soufflé sur la bibliothèque alors qu'un vent mauvais 
est évoqué à l'atelier écriture 




 En aout on prends le temps d'aimer : du groupe d'écriture 

"L'amour gagne toujours"
C'est évident , dit le croyant
Même pas vrai!,rétorque le mécréant
C'est que pour la rime, dit le jaloux
C'est bon pour le moral, rétorque le doux
Gagnera quoi?, demande le curieux
Le septième ciel, répond l'amant heureux
La coupe du monde, propose le sportif 
La coupe qui déborde ajoute le mari fautif
Le temps de vivre, espère mon coeur
Parce que ...
Le temps c'est de l'amour, conclut le chanteur .

En Juillet des bulles apparaissent dans le catalogue  de l'atelier d'écriture :


C’était un catalogue ultra léger, en forme de bulle

On y achetait de l’air. Toutes sortes d’air, à tous les prix.

L’air pur valait de l’or.

L’Air libre était un bestseller.

L’air des montagnes était presque inaccessible.

L4air sévère ne se vendait guère mais on connaissait quelques professeurs qui en faisaient provision en fin d’été.

L’air de ne pas y toucher était en promotion, sans grand succès.

L’air de la Marseillaise se vendait comme des petits pains pendant les jeux olympiques.
L’air malade était le préféré des enfants paresseux qui voulaient manquer l’école.
L’air quaternaire intéressait les amateurs d’antiquités .
L’air intelligent était en rupture de stock.

Une Maryse gonflée à bloc.

En MAI écrit ce qu'il te plait ! 
en direct de l'atelier d'écriture :thème un   catalogue de printemps


Que vendait donc ce catalogue ? dis grand-mère
-          E t bien il vendait des trombones.

-          Des trombones ! Pour quoi faire ?

-          Pour accrocher les mots, pour tenir les mains, pour serrer les cœurs.

-          Et quoi d’autre ?

-          Des punaises

-          Des punaises, pour quoi faire ?

-          Pour percer les secrets, pour faire saigner les méchants, pour se faire insulter.

-          Et quoi d’autre ?

-          Des coins

-          Des coins, pour quoi faire ?

-          Pour mettre les jolies photos dans l’album, pour jouer aux quatre coins de la pièce, pour faire coin-coin avec le canard.

-          Et encore

-          Du scotch

-          Du scotch, pour quoi faire ?

-          Pour boire un p’tit coup

-          Pour rassembler les couleurs déchirées, pour coller un baiser, et pour te faire taire  ,un bout dans ta bouche petit curieux



d'Arlette à un enfant curieux



Et si AVRIL  commençait  par une farce qui se termine en queue de poisson !

Premier Avril
Coucou les fleurs écloses dans le pré.
Coucou coucou répond l'oiseau printanier.
Coco les œufs  de Pâques cachés,
Choco se délectent  les gourmets.
Chaud chaud darde le soleil réveillé,
Cuit cuit dégouline le cacao,
Caca pèguent les doigts maculés.
Chichi glousent les pragmatic-tacs,
Cucu raillent les moqueurs,
Con con se vexe le poète amateur ....
Soso 


En MARS c'est le printemps et on fête la poésie avec Lucien GUERINEL
extrait ''d'Acte de présence''

NAISSANCE

Naissance 
au creux d'un vertige  cette branche qu'éparpille le vent et que reprend la mer 

Naissance
orbe où s'apprivoise le langage pour perdre une à une les ronces de l'éternité

Naissance
 lieu commun à tous les regards à toutes les ivresses à toute solitude- face à face où
s'ébauchent des ailes où s'abolissent les mensonges 

Naissance
alphabet naissance oracle naissance au bord du matin qui hésite sous les plis rouges
du rêve

Naissance
ombre vaincue algue humide encore de la mer qui l'a portée

Naissance
telle une fleur en mars au creux des neiges  imminence sous l'aisselle d'un désert
craquelure du silence

Naissance
argile dans la main par l'insistance de son sang

Ce fruit 
à l'intérieur de la nuit qui apprend à respirer
qui distance les frayeurs qui commence à battre la falaise 

Labour
d'orage inapaisable sourde étrave démasquant l'irréversible au plus loin d'un silice

L'arche 
enfin s'érige sur la promesse d'un arpent à la rencontre d'autres vertiges et rêve
déjà- semence contre les vitres du matin .


En Février l'atelier écriture décrypte des expressions  hivernales

un froid de loup : lorsque la température les fait sortir.
peler de froid : pendant la guerre de 70, les soldats se réchauffaient en posant leurs mains sur le fut de canon chaud qui brulait leur peau .
et lorsque ces soldats réclamaient l'hospitalité pour la nuit ils devaient décliner leur identité
mieux valait  alors avoir un nom''qui sonne bien'' pour trouver un lit d’où  : un nom à coucher dehors
Une fois enrhumé on avait recours à des remèdes de bonne femme qui n'ont rien de féminin mais qui sont fameux .


 En janvier , on change d'Année et on reçoit
                              ces '' VŒUX'' de l'atelier écriture

Comme un sourire, comme un parfum, 
Comme la lune douce  bascule,
Comme la rosée étincelle les herbes,

Murmures et balbutiements au coquillage d'argent,
De ses espoirs, de ses appels,
De ses brisures et éclaboussures de joie,
Éclatées en mille pierres de couleur,
Transparence et chatoiement
Aux rosaces de ses bonheurs fragiles;

Abri de paix sous les joncs,
La mer baisse
Et ses monstres assoupis respirent
Les  nostalgies fanées d'un autre jour;

Caresse et tendresse à son cœur nu,
Une main l’effleure comme une plume 
Et moire sa solitude d'ondes vibrantes de douceur.

Comme le bateau pêche à la traîne,
Comme la rosée perle les fils arachnéens,
Arc en ciel minuscule dans chaque goutte d'eau
Pour toi, toute la lumière du ciel
Chaque jour de cette année....

 En Décembre,on dépose ses bottes devant le sapin;
                                             Jean Miot se souvient des bottes bien grandes
  

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I_-_I_-_I_-_I_-_I_-_I_-_I
-I_-_I_-_I_-_I_-_I_-_I
I-I-I-I-I-I-I-I-I-I-I-i-I
Ah! Quel plaisir a l’enfant,
 quand il met les bottes de ses parents🔻
et qu’il se sent, comme par enchantement plus grand.
 Il peut aller pêcher tout seul maintenant  dans l’étang.
C’est seulement la mauvaise évaluation d’un trou d’eau
🔽qui remplira les bottes jusqu’en haut…💜
 autant aller au pré rechercher les orvets,
au milieu des gravats de notre terrain vague.
💜Terre d’aventures multiples et d’expériences humaines...
Quel plaisir de grimper sans cesse, toujours plus haut, dans les arbres nos vaisseaux,
 dans le mât de misaine, y vaincre ainsi sa peur sans peine,💟
dans le grand mât, les vergues ou le mât d’artimon, au milieu des huniers,
 nous y sommes  tour à tour gens de la Royale, corsaires ou flibustiers...
Et si la branche casse, quelle que soit la hauteur, c’est le retour sur terre
💜un peu brutal qui sonne la fin de la bataille vers d’autres escapades,
d’autres exploits, dont le plus périlleux est la chasse aux serpents🔂
que l’on nomme vipères. On l’attrape par la queue,
il n’y a aucun danger une fois immobilisé avec une fourchette d’arbre.
Activité secrète, sauf pour le pharmacien qui nous payait si bien...
Ah! quel temps béni qui échappait aux ‘ frères ’ d’alors, toujours prêt à punir
et nous priver de nos justes sorties de leur univers clos, carcéral même…
💟 Quand ce n’était pas la souffrance de devoir se soumettre à l’injustice,🔺
l’extrême sévérité due au mal être de ses hommes bridés, dans leur intimité...
Je ne parlerai pas de libido car je ne voudrais pas employer de gros mots.
J’ai vécu avec sérieux cette captivité. J'yai acquis mon savoir et le sens du devoir.
Mis a part les copains et l’ami rencontré, je n’ai pas larmoyé en leur disant💙
💟un au revoir, qui sera  souvent plus qu’un adieu : l’oubli en véritable aveu...
J’ai seulement changé de terrain vague
quand j’ai plongé dans cette société pour être un grand,
comme l’ont fait  avant moi mes parents.🔄
Je garderai au cœur un souvenir ému,de ce joyau précieux:  💜 
🔼 mes bottes de ‘ sept lieux ‘ 
I,,I
I,,I
I,,I


                                                                                                                                                           






En NOVEMBRE, Jacotte de  l’atelier écriture fait vivre les dernières couleurs automnales du vignoble.
 FEUILLE DE VIGNE 
Comme toutes les feuilles, je me développe au printemps sur un cep de vigne, je ne suis pas seule, je suis dans un environnement qui protège le merveilleux raisin blanc ou noir, le fruit de mon cépage .
Personne ne peut me décourager pendant la saison, ou si peu! mais quand arrive la vendange à l'automne, quel branle-bas! vous ne pouvez pas savoir. On piétine dans les rangs sans arrêt et quand on cueille le fruit, hardi! les feuilles on ne nous connait pas, on nous arrache, on nous piétine, on nous dédaigne.Mais celles qui arrivent à survivre,  quel bonheur à l'automne sous la brume matinale et le chaud soleil de l'après midi , nous prenons toutes sortes  de couleurs. On prend modèle sur nous  pour faire les tuiles des toits pour les maisons des notables, ainsi que des carreaux sur le sol des palais. Nous, nous préférons nos rangs, toutes en rangs, toujours en rangs, jusqu'à tomber dans l'oubli. Mais nous reviendrons au printemps pour faire toutes sortes de décors: jusqu’à cacher le sexe fort et même le faible .

 OCTOBRE  fait s'envoler les feuilles avec Jean Miot 

Je suis la feuille
je suis le vent
le temps qui passe 
des fois longtemps...

je suis la houle
je suis la foule
en mouvement
parfois longtemps...

je demande 
ou je prends
je donne
je pardonne
il faut du temps
des fois longtemps...

à celles et à ceux
qui tonnent
et s'étonnent
à comprndre
le vent
le temps qui passe
il fait du temps
souvent longtemps...

Septembre nous fait découvrir Violette Bouchon et son auteure ( et illustratrice)
 Marie Madeleine de Charentenay.

Extrait de ''Et bouille et bouille et chiffonnelle''

''Tôt ce matin là, Violette Bouchon
 envoie au plafond
ses jolis chaussons et son cœur en fête .
Je crois même qu'elle ''swingue",
elle est si légère,
elle fait la roue et même quelques pointes....
Sur son balcon, trois petits oiseaux
dansent en riant.
Ils sont attendris et cherchent à comprendre
la raison de cette agitation.
...Mais oui! chuchotent-ils
c'est aujourd'hui  qu'elle part pour la e Malmosie,
le pays lointain de la Soupe aux Mots .
Violette prépare soigneusement son unique bagage:
un beau sac à dos  à bretelles anis
et boutons fuschia.''
................

Et pour vous délecter des superbes illustrations en papier déchiré .. venez lire la suite à la bibliothèque ou passez  l'Echappée belle pour acquérir ce bien joli  album . 


En Août , Jean Miot nous donne des idées de ''lâcher- prise'' pour se détendre en vacances :
 et coucou au voyageur !
Je me fous

Je me fous de tout...
de la richesse
de la notoriété
des biens immobiliers .

Je me fous de tout...
d'être célèbre 
ou ignoré
en nu propriété.

Je me fous de tout...
ce que je veux
c'est la liberté
celle d'aller
de rêver
d'aimer
d'être aimé

Je me fous de tout...
mais pas de toi
ni de vous
je ne suis pas si fou.


En juillet
 Plaisir de lire a fêté sa trésorière Michèle . 
L'équipe a réadapté Cadet Roussel pour cet anniversaire  en poussant la chansonnette:

L'amie Michèle a deux maisons ( bis) 
L'une à Malay, l'autre à Chalon
Elle fait comme les hirondelles
Part en Octobre à tire d'ailes
                                                    Ah, Ah , Ah oui vraiment 
                                                     L'amie Michèle nous on l'attend
L'amie michèle est marmiton ( bis) 
Poullet curry, filet mignon( bis)
Et MON gingembre et MON citron
Avec tout ça , Dieu que c'est bon
                                                     Ah, Ah , Ah oui vraiment 
                                                     Avec Michèle c'est succulent

 L'amie Michèle a deux passions( bis )
L'aquarelle et les chiffres ronds  ( bis) 
Les additions, les soustractions
Quelle chance pour les associations
                                                    Ah, Ah , Ah oui vraiment 
                                                     L'amie Michèle a du talent

L'amie Michèle est très sympa ( bis) 
Le sourire ne la quitte pas ( bis)
Elle toujours d'humeur fidèle
Et nous , on compte sur elle 

                                                    Ah, Ah , Ah oui vraiment 
                                                     L'amie Michèle c'est 100%



En juin   on voit la vie en Rose 
                       avec Pierre de  Ronsard en 1524

Mignonne, allons voir si la rose


A Cassandre


Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au soleil,
A point perdu cette vesprée,
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil.

Las ! voyez comme en peu d’espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ! ses beautés laissé choir !
Ô vraiment marâtre Nature,
Puis qu’une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse :
Comme à cette fleur la vieillesse
Fera ternir votre beauté.

En Mai Sylvie Aymard est venue à la bibliothèque :
Brides de conversation lors de cette  soirée rencontre  :

S.A.:" ''Débarrassés du bonheur " un titre à contrecourrant du  dictat du bonheur  .Mon livre n'est pas un mode d'emploi pour accéder au bonheur; simplement mes personnages ont compris que le bonheur ne durait pas . Mundi cherche son bonheur dans la sexualité, Servane cherche sa liberté... et trouve le silence de  Sandro "
Sur l'exigence de son travail : 
'' Je viens d'un milieu modeste où le livre n'était pas une évidence.C'est Flaubert avec Mme Bovary qui m'a donné envie d'écrire des romans. Je l'ai relu pendant 10 ans en y trouvant chaque fois quelque chose de nouveau .On reconnait un écrivain à son style , qui prime sur le récit .
Je dois écrire chaque jour 10 pages pour ne garder parfois que 4 lignes après le test d'une lecture à haute voix. 
Je pars souvent du  titre avant même de savoir ce que je ferai des personnages . Et j'aime que le lecteur s'approprie mes non dits et se projette dans la fin que je laisse parfois ouverte".

Son style , ses récits bien des  lecteurs d'Ameugny les ont appréciés 
et ce fut un réel ''bonheur '' que cette soirée .
 Dommage pour ceux qui n'y étaient pas .
Solange 


En avril en chocolat ou en plumes les cocottes s'en  moquent

Les cocottes



se souviendraient-elles

que nous étions

 l’une de leur proie favorite

il y a fort longtemps de cela ?  

heureusement !

 l’évolution des espèces

 a contraint ces gallinacés

à devenir des édentés

sans quoi nous serions

vu leur agressivité

déjà tous bouffés ...

car une poule

sait manifester sa colère

et nous montrer les dents

de la rancune

due à son infortune...

aujourd’hui veulent-elles

nous faire oublier

leurs méfaits passés

en nous léguant

fort gentiment la joie

des cocottes en papier

et autres expressions

très souvent utilisées

dans notre langage

coutumier...

mais aussi en nous offrant

 l’œuf que l’on gobe

avec gourmandise
comme bien des fables
et discours diffusés
propagés un peu partout
y compris maintenant sur
 la toile des idées des savoirs
 des mensonges et des rêves
Oh ! purée
quelle mélasse!
Entendez-vous
les patates qui rissolent
dans la cocotte en fonte
n’est-ce pas plutôt
les cocottes qui rigolent
de nous voir devenus
dans le fond si patate ?
Jean  Miot
En mars Printemps et poésie mettent de bonne humeur !          Merci Jean Miot


il avait le col marin

Rintintin

il avait le pantalon bleu

Scrogneugneu

il avait les yeux marron

Queue de cochon

il avait un blazer gris

 Ventre saint gris

il avait les cheveux longs

Mironton

 parfois très ras

blablabla

il avait un regard triste

il avait les souliers noirs

il avait un bras plus court

il avait des grandes jambes

il avait les yeux globuleux

Sacrebleu

mais quel Génie !
                                                                                                             En février les élèves de l'école de Cortevaix ont inventé des histoires à partir du support d'animation ''Itinéraires''prêté par la BDSL et lors d'une séance sur les moyens de déplacement .Les enfants ont choisi des cartes illustrées pour imaginer un personnage et une petite aventure et qu'ils nous ont raconté.Voilà leurs  récits :
Ethan P. " Une dame prend le métro puis le train pour aller plus vite faire ses courses à Paris "
 Louca"Dans une ville des gens regardent un éléphant, ils partent en 4/4 mais tombent dans la rivière" 
  Eléa:" Sur la route passe une calèche, le cheval passe devant un magasin et voit de l'herbe,il s'arrête brouter."
Manuel:"Les gens réunis prennent l'avion,vont à la mer et prennent le bateau pour faire une balade."
Ethan:"Un gorille prend une moto pour aller en ville et il se perd ."
 Rose:" Un enfant se promène seul et prend le téléphérique pour visiter "
Iléana:"Deux hommes prennent l'avion et vont en Afrique ; ils voient un méchant gorille ;"
Pauline et Angèle- Gaêlle: "Un homme va sur la route en voiture, puis il coule dans la mer et prend un bateau."
Clarisse:"Des gens voyagent en voiture puis sur la route prennent le téléphérique et s'envolent dans le ciel car ils ont envie d'aller en voyage"
Nathalia et Zoé: "Un monsieur et une dame marchent, ils dansent et arrivent à une gare pour prendre le bus."
Mathilde:"Une dame et son chien se promènent et prennent le train pour aller dans un pays froid."
Isaac:"Il était une fois un très beau paysage et un jour un monsieur marche, il est suivi et un enfant les suit aussi ".

En janvier 2017 les lumières des fêtes de fin d'année brillent toujours .
Voici un autre conte de l'atelier écriture, toujours écrit à plusieurs plumes ....(Souvenirs, souvenirs  )
Sur le balcon d'un petit appartement d'une grande cité, était accrochée un guirlande de houx, qui chaque soir, à la même heure se mettait à clignoter. C'était le mois de décembre, la rue elle même resplendissait de lumières mais cette petite guirlande là avait attiré mon regard.Pourquoi? Je ne sais ?Dès que je la voyais, mon esprit s'évadait dans le grand bois, tout près de ma maison d'enfance. Il y avait là de très beaux arbres, et lorsque l'hiver doucement arrivait, ils se couvraient de givre blanc. Seul le grand houx garni de petites billes rouges, semblait vouloir garder sa couleur émeraude et luisante. Lorque la lune éclairait le bois, les petits cristaux scintillaient autour des billes rouges et j'adorais me promener à cet endroit pour entendre craquer le gel sur les branches.
Demain ce serait Nôel, maman ouvrirait la porte du salon et là, nous le verrions le sapin plus vert que les feuilles du houx, tout illuminé de bougies et garni de guirlandes brillantes . Etaient pendues à ses branches des mandarines, des rintintins et des nénettes en laine tricotées, et des dattes enveloppées de papier d'argent. Nous nous groupions autour pour chanter"mon beau sapin, roi des forêts, " S'agissait-il du grand bois de mon enfance ? 
Souvenirs, souvenirs. Cela faisait presque 20 ans maintenant que je ne décore plus de sapin à Noël, que je ne fais plus d'efforts d'embellir, d'illuminer non intérieur pour Noël .
Et voilà que cette guirlande sur ce balcon a allumé une étincelle en moi. Cette année, je m'y mets. Le sapin , je le plante dehors pour que tout le monde en profite. Il sera éclairé toute la nuit et transformera mon jardin intérieur .

 En décembre l'atelier d'écriture nous livre  des  contes de Noël écrit... à plusieurs plumes
(en voici un pour les gourmands) 
Il était une fois une bûche, oui une bûche en bois qui rêvait de devenir une bûche glacée ....
Au lieu de se consommer dans le feu , elle voulait faire plaisir à la famille chez qui elle était stockée.  Un soir, cette bûche, de chêne, je pense, se manifesta au milieu des autres :" psssitt pssitt ''
Je regardais  très étonnée et je la vis .''S'il te plait, ôte moi de là, je ne veux pas brûler, je veux me transformer en bûche au chocolat pour faire plaisir aux enfants, la famille a si peu d'argent pour le dessert de Noël''
J'étais ébahie, une bûche qui parle. Et comment faire pour réaliser son vœux?
"S'il te plait, s'il te plait, sors moi avant que je n'aille dans le feu "
Prise de compassion à mon tour pour la  bûche qui voulait faire plaisir et se transformer en chocolat, je restais un instant bouche bée, mais, pas de langue de bois, pensais -je une bûche est une bûche, tu ne  me feras pas tomber dans tes embuches : quel choc! Olala! la bûche en bois se révoltait de mon incapacité à la transformer, à la cuisiner pour qu'elle fonde de plaisir et devienne noir charbon ! pardon noir chocolat 80% pur cacao ! Désappointée, la bûche devint livide, puis liquide, fondue, désagrégée en en petits morceaux,petits carrés.
Et soudain , elle se reprit:ça y est, je me transforme, petits carrés deviendront tablette-de quoi fondre de joie !
Car c'était Noël , et , à Noël tout peut arriver... Les enfants arrivèrent, il y en avait trois .
Et moi, j'étais redevenue enfant , celle du milieu, et voici que nous nous sommes assis autour de la table de déjeuner, c'était un très bob déjeuner, des bouchées à la reine, une oie rôtie; et aussi des pommes de terre frites. Puis vint le dessert , et c'était une BUCHE AU CHOCOLAT.  

 En novembre Vous prendrez bien un peu de poésie ? 

Lors de la soirée sur '' La Peullieu ''de Patrick Grégoire , Josette Guigue nous a parlé avec  enthousiasme des oiseaux migrateurs qui l'ont tant aidé à aimer le vie.
Les oies de Guy de Maupassant lui sont dédiées  

Tout est muet, l’oiseau ne jette plus ses cris.
La morne plaine est blanche au loin sous le ciel gris.
Seuls, les grands corbeaux noirs, qui vont cherchant leurs proies,
Fouillent du bec la neige et tachent sa pâleur.

Voilà qu’à l’horizon s’élève une clameur ;
Elle approche, elle vient, c’est la tribu des oies.
Ainsi qu’un trait lancé, toutes, le cou tendu,
Allant toujours plus vite, en leur vol éperdu,
Passent, fouettant le vent de leur aile sifflante.
 
En  Octobre souffle le vent : bon vent aux voyageurs et  bienvenue  aux nouveaux arrivants !


"Le Vent"

As-tu senti le vent
celui qui porte au loin
les espoirs insensés
de ceux qui n'ont plus rien? 

As-tu senti le vent
du boulet destructeur
qui n'laisse 
aucune chance 
aux voiliers maraudeurs ?
  
As -tu bien pris le vent 
vers ces autres rivages
d'où l'homme sort grandi 
à l'issue du voyage ?

As-tu bien pris le vent,
qui forge l'homme sage ?

Jean Miot

En Septembre le secret de l'été est enfin levé : la délicieuse sauce de salade façon Bernard est  enfin dévoilée !Mais que met- il donc dans son saucier ?A vrai dire, tout ce qu'il trouve en cuisine pour la faire toujours différente mais de façon constante , il prépare  : 1 cuillère à soupe de moutarde de Dijon, 3 cuillères à soupe de  bon vinaigre de  vin, une grosse cuillère à soupe de sauce ''Maggi''1 petite cuillère à café de canelle ,1 de curry, 1 de graines de fenouil,1 d'anis en poudre ou en grains et une autre de paprika doux . Ajouter 2/3 d'huile d'olive et 1/3 d'eau . Le mélange se conserve au frigo plus d'une semaine . Bon appétit ....
 
En aout l'atelier écriture nous livre la mélodie d''Elodie'' ( en vert couleur de l'espoir )

Elodie
Elle rinçait les bols de faïence rugueuse sous le robinet.


Fatiguée, les jambes lourdes, à distance de l’évier dont son ventre de neuf mois de grossesse l’écartait, elle voyait passer devant ses yeux ses cinq grossesses précédentes, pas faciles, rapprochées mais elle était solide et Pierre était là, vaillant.


Un bol lui échappa qui alla se fracasser sur le vieux carrelage brique de la cuisine, écorché, taché, meurtri de tant de piétinements, ameutant sa belle mère qui toutes voiles dehors, sanglée dans sa robe  de moire grise au col et manchettes de dentelle empesée, le chignon tiré, serré derrière sa tête de vieil oiseau, aussitôt l’invectiva, mauvaise.


« Alors, Elodie, vous rêvassez ?faites donc attention, vous cassez tous les jours quelque objet.


 Vous pourriez enfiler vos pantoufles au lieu de les mettre en savate, comme une servante !


-Ma mère, quand je lave la vaisselle, c’est bien servante que je suis !


-Taisez vous, sotte ! Et puis , on y est , au terme, alors vous le faites quand , cet enfant ?


« Pierre n’a pas écrit depuis trois semaines, quand il reviendra de ses prospections dans le grand nord, le petit aura quel âge ?... »


Laissant là vaisselle et belle mère, elle sortit .Le jardin s’évadait, en pente, vers la rivière.


Epuisée, elle s’assit sur un gros caillou moussu qui offrait un creux à son dos courbatu.


Le flot filait vif et rapide, il emportait feuilles et branches sans trier, ni choisir.


Tout d’un coup, elle se sentit comme une de ces brindilles !


Libre et souple dans le courant, déchargée de tout.


« Ah, laisser derrière elle le petit et sa rougeole, la belle mère acariâtre, la servante paresseuse, son grand mécontent de son apprentissage, Pierre qui n’écrivait pas et ce petit nouveau à naître dont elle n’avait que faire.


Oui, ce petit , où allait elle le mettre, pas plus de place pour un berceau que dans son cœur ou dans ses bras.


Une brindille dans la rivière !...


Fatiguée, fatiguée de tout , de tous


 Filer sans lien, ni poids, dans le courant jusqu’à l’écluse.


En 3 kilomètres, on a bien le temps de se noyer.


Descendant la dernière pente, en femme économe et soigneuse elle ôta ses pantoufles et son tablier et les déposa dans l’herbe.


Là, dans l’herbe, un nid de canard, tout rond de foin tressé dans lequel les œufs brillaient doucement.


La mère était absente. Seuls les trois œufs céladon.


-Mais elle est folle, cette  canne, de laisser ses œufs tout seuls, et les chats et le renard ?


 Il va leur arriver malheur, le père peut partir mais pas la mère !


Elle attendit le retour cahotant de la canne qui s’en revenait, ébrouant au soleil ses ailes vertes et noires et lui fit gentiment la morale.


-On n’abandonne pas ses enfants comme ça, voyons ! Eclos ou pas, c’est de la vie !


La canne se réinstalla sur ses œufs et d’un mouvement de croupion s’enfonça plus profondément dans le nid.


Elle fixait Elodie de son petit œil noir et brillant. Le bec serré, elle n’en pensait pas moins….


Lourdement, son gros ventre la tirant vers l’avant, Elodie remit ses savates, noua son tablier et remonta vers la maison.

En juillet on s'abrite du soleil ( ou de la pluie ) dans de belles cadoles 

Cadole

Avoir 
une cadole 
à soi
bâtie  larmes
après larmes
aux hasards
des chemins 
de la Vie...




Pouvoir 
s'y reposer
mettre à l'abri
son âme
en silence
apaiser
Être enfin
avec soi.

                                Jean Miot 
En juin on se sent libre comme l'air ....

J’aime faire voler mon cerf-volant,

Il me libère une âme d’enfant.

Choisir un champ c’est exaltant :

Trouver LE  lieu ,LE vent

Bien s’installer, le déployer…


Quand frémissant , une brise le cueille hop ! il se hisse

Mais tandis qu’il frétille, sa course se brise tout  au bout de ma  ligne.

Rétif il se cabre, virevolte,

Puis se calme, enfin, docile, tutoyant les nuages.

Mais brusquement, c’est contrariant ces sautes de vent :

Il tombe en torche, me décevant.


Heureusement bien plus  souvent,

De belles volutes  éphémères dessinent des caresses éoliennes.


Un de ces jour-là, un petit Gabin m’a pris la main

Et radieux, satisfait m’a confié «  Babka, c’est un jour parfait ! »

Alors la vie décolle, se colore , bien vrai …


J’aime faire voler mon cerf- volant en compagnie de mes petits -enfants !

                                                                                                                             So


En mai , fait ce qu'il te plait, la tête dans les étoiles
                                                                          Etoile
  J’ai cueilli une étoile
dans le creux de mes mains
j’en ai bu la lumière
et j’ai su mon destin .
Elle est devenue mienne
dans une union rêvée.
 J’ai grandi avec elle
elle a tout irradié .
J’ai tenu mon étoile
dans le creux de mes mains
j’ai compris notre histoire
et choisi mon chemin.
J’ai reçu mon étoile
dans un songe serein
j’ai gardé sa lumière
 dans le creux de mes mains
étincelle de vie
tel était son dessein. 

                                                                                                               Jean Miot
En AVRIL , voici un texte de  l'atelier d'écriture 

Arbre, mon frère,
Comme l'homme tu es debout
Trait d'union entre le ciel et la terre.
Tu respires de tout tes poumons verts
Qui s'agitent dans le vent
Et purifies l'atmosphère.
Comme nous, tu subis les saisons
Et l'hiver te trouve sans protection .
Tu renais au printemps parfois en fleurs
Ou offres tes fruits en été .
A l'automne tu n'es que couleurs et splendeur.
Tu abrites les oiseaux du ciel
Et tamises la lumière,
tu nous offres ton ombre contre l'ardeur du soleil.
Tout ça pour nous et nos enfants, et peut être pour les enfants de nos enfants
Tu peux vivre centenaire.
Arbre tutélaire, Merci, je t'aime, toi et tes amis des forêts....

MARS est le mois des poètes, n'est ce pas Jean Miot ?
ah! si seulement...

nous avions tous un cœur

à faire fleurir les mots

les coudre à petits points

nous les rendre plus beaux.

Las ...! le temps seul

en embellit le flot

et saura mieux que moi

vous offrir tous ces mots

qui fleurissent le cœur.

Ah! si seulement,

nous connaissions

le coeur des mots...








En février on reste dans l'arbre avec un texte de Jeanne de l'atelier écriture 
Il arrive que des arbres poussent sans avoir été plantés, tout comme les baobabs du Petit Prince.
Chez moi à Merzé, ce sont des frênes , parce que nous avons un frêne monumental dont les graines ne demandent qu'à germer.
Il est très vieux ; bras tendus il faudrait se mettre à deux ou trois pour en faire le tour. Il a cinq branches maîtresses et, pour en assurer l'équilibre, on les a reliées par une sorte de hauban, mais l'une d'elle a commencé a perdre ses feuilles avant les autres et à donner tant de signes de fatigue qu'il a semble prudent de la couper, ce qui ne fut pas une mince affaire et nous donne encore de bonnes buches pour la cheminée . Cette amputation, bien près du tronc, est-elle la cause de vieillissement
de cet arbre ? C(est lui qui nous a accueillis à Merzé, nous lui avons assis notre fils, bébé, contre son tronc et il s'est senti bien .
 
En Janvier, ça souffle  ....
Je suis la feuille,

Je suis le vent,

Le temps qui passe…

Des fois longtemps.


Je suis la houle,

Je suis la foule,

 en mouvement…

parfois longtemps.

.

Je demande,

Ou je prends,

Je donne,

Je pardonne…

Il faut du temps,

Des fois longtemps.


A celles et ceux,

 qui tonnent ,

et s'étonnent,

à comprendre

 le vent,

 le temps qui passe,

il faut du temps…

souvent longtemps. 

Jean Miot 


Décembre pour prendre racine   :
Abracadabra!
    Et hop, le galopin a sauté au fond du trou!

    Et il creuse, il creuse, de ses petites mains, il soulève de jolies mottes de terre rouge.Quel plaisir!!

  Soudain, un petit clapotis d'eau, surgie du sol, le surprend:" une source ?" pense t il  ",mais alors, c'est le moment!"

  Et se relevant, de sa petite poche , il sort,....un gland!

  "là, c'est là qu'il faut que je te plante", dit il.Et de nouveau, il se remet à genoux, pose le gland , et le recouvre de  terre bien tassée.

"Et maintenant, je te laisse pousser et je rentre chez moi"dit il  

satisfait.. Se dressant complètement, il veut se hisser hors du trou, mais constate avec effroi qu'il ne voit même plus l'herbe  au dessus.."comment faire, je ne peux quand même pas rester ici?"

  .Déjà, le soleil est au plus haut, et la température monte. Le petit gland, si prestement, a déjà éclaté, laissant passer un germe .Au dessus de l'enfant, attirée par la fraicheur de l'eau, une libellule vient se poser pour se désaltérer. Alors, malicieusement, l'enfant émet un claquement de langue, et sa taille diminue tellement qu'en un instant, il ose grimper sur le dos de la libellule. Celle ci, surprise, ressort du trou et dépose le garçon sur l'herbe verte.

Le gland, lui, s'est mis à pousser, pousser, tellement vite que des branches commencent à sortir hors de terre, que des feuilles habillent les branches...et voici l'arbre!

en un claquement de langue, tout a changé, tout a poussé, si vite que la pelouse elle même est  devenue lieu de promenade pour le passant , venu chercher l'ombre sous les branches du chêne!

Mais ...est ce bien raisonnable?un enfant, un gland, de l'eau et du soleil, un désir de planter...et voilà que tout nait!

Libellule, bienheureuse es tu d'être passée par là et d'avoir su boire l'eau du clapotis!

   Abracadabra!

   Ne l'oublions pas
                                                  Françoise de l'atelier écriture 


Novembre : signé J
CERTITUDE

Son regard la glaça
l'hiver fut sa saison
plus de moisson
pauvre horizon
même le feu
un peu 
ne la réchauffa 

Quel hasard lui fit voir dans l'azur une oasis ?
aucun nuage ne se dessinait dans l'immensité bleutée
un vent froid s'engouffrait dans des branches dénudées 

Parfois
se faisait entendre
un frémissement sec
un craquement brusque
succédait 
un pesant silence
s'agrandissait l'espace
Elle s'arrêta. Ferma les yeux. Comprit.
Là où tout commence 
au point où bat plus fort 
le cœur
s'arrêtait son chemin . 




  EN OCTOBRE Pascale  nous parle du livre OTAGES INTERIEURS
un petit texte pour donner envie de lire ce bouquin qui m'habite depuis que je l'ai ouvert. Il s'agit du dernier livre de Jeanne Benameur, Otages intimes. C'est certainement un des plus beaux que j'ai lu depuis très longtemps, pour ses qualités d'écriture et pour les sujets abordés. Ceux qui ont déjà ouvert un livre d'elle savent qu'elle ne va pas au facile, là où, à l'intérieur d'elle comme à l'intérieur de nous, ombre et lumière sont mêlées.

 Pour dire vite les choses, Etienne est un photographe de guerre qui a été pris en otage, et le livre s'ouvre sur ses derniers moments de prisonnier, son passage à la liberté. En France, ses proches, ceux qui l'aiment, l'attendent, l'accueillent. Et dans le progressif apaisement, chacun à sa façon interroge la part qui est "prise en otage" dans les relations à l'autre, à soi-même, au monde ...

Personnellement, les pages sur sa mère, Irène, m'ont infiniment touchée.

 Et puis, comme je suis allée à la rencontre organisée par Jean-Marc Brunier au Cadran Lunaire qui recevait Jeanne Benameur, je me suis dis que le mieux était de lui laisser la parole, parce qu'elle parle bien de son livre. Alors, voici mes notes prises ce jour-là. Il faut aussi que le lecteur de ces paroles transcrites entende les silences, si pleins.

    Otages intérieurs… il y a des S … Une façon de vous demander de présenter chacun des personnages en tant qu’otage intérieur…

 Quelle est la part de nous qui est toujours prise en otage ? Parfois dans certains moments de nos vies, cela se révèle des contraintes bien faites : boulot, enfants, etc. En ressac, le retour d’Etienne va révéler cette part en chacun.

 Etienne. Il pose la question de la guerre, des photos de guerre. Il ne pense qu’à retourner dans son village d’enfance.

-         La maison, la rivière sont aussi des personnes

-         Irène, sa mère a attendu son mari, son fils. A un moment, elle se dit qu’elle n’attendra plus personne.

-         Enzo. C’est celui qui n’a jamais quitté le village. Il est lié à la terre, au bois, il joue du violoncelle, instrument de bois que l’on tient près du corps. Il fait du parapente, c’est la partie de lui qui a besoin de rêver.

-         Jofranka, c’est une petite qui avait été placée dans le village et Irène s’est occupé d’elle. Elle est devenue avocate à la cour pénale de la Haye. Son travail est d’amener au témoignage les femmes qui ont vécu les horreurs de la guerre.

-         Emma, la femme d’Etienne, amoureuse

-         Des gens qu’Etienne a rencontrés dans les pays en guerre…


Ce qui est peut-être nouveau dans ce livre, c’est l’emprise du monde, l’ouverture sur la planète, qui a commencé avec Profanes…


Je me suis un peu piégée avec l’écriture. Cela me permet d’aller au bout dans chaque personnage. La guerre, je l’ai vécue quand j’étais très petite, il y a des images qui ont fait empreinte. On a beaucoup de mal à être dans les jours de rien. (Elle cite un auteur qui écrivait son journal) Parfois il écrivait la date, avec rien en-dessous. Etienne va chercher l’intensité. Il dit : ce n’est pas moi le héros, c’est celui qui vit au quotidien, moi je vis en pointillé, les jours d’intensité.

Je me suis beaucoup documentée, mais ce sont des romans que j’écris. Ça me nourrit et ça m’a permis de comprendre. Ce n’est pas n’importe quelle personne qui est choisie pour témoigner, elle doit parler pour tout le groupe.
On peut explorer la scène, le moment où il voit cette femme dans la rue, la seule qu’il n’ait pas prise en photo.



Il sait par expérience qu’il ne faut jamais s’arrêter. Et il s’arrête, il est dans la sidération. Une femme met des bouteilles d’eau dans les bras de ses enfants. Chacun sait que les chars vont arriver. Cela le cloue au sol. Il est pris en otage. C’est la dernière scène qu’il ait vu avant d’avoir le bandeau sur les yeux.
Scène révélatrice entre le regard et la parole. C’est un thème récurrent. Même les silences sont des mots.



Il va se mettre à écrire. C’est lui qui appelle Jofranka pour qu’elle vienne. Parce qu’elle, elle utilise les mots.



Si un jour je n’écris plus, je peindrai. Ce sont les mots qui me permettent d’avancer, même s’ils ne sont pas dits.



Qu’est-ce que c’est, cette présence dans les librairies ? Je me suis demandée. On est dans un autre versant quand on écrit. Le silence. Pourquoi parler des textes écrits qui sont faits pour être lus dans le silence ? Oui, parce que c’est de l’incarnation vivante. Que l’auteur est mort ou vivant, on s’en fout. C’est de vivant à vivant. Dans la nouvelle société qui va vers la désincarnation, une librairie, c’est intéressant, parce qu’on parle. On va vers un lieu où il y a un être humain. Il y a aussi des cercles de lecture. C’est rassurant de faire société. Dans le journal, j’ai lu un article : on a retrouvé le corps d’un homme dans son immeuble, qui était mort depuis 2 ans…



Il s’agit de garder les équilibres. Pour moi, c’est garder des temps de retraite, ce n’est pas possible d’être toujours en parole…



C’est un des questionnements d’Etienne, qu’est-ce qu’être humain, qu’est-ce qu’une relation sociale et fraternelle ? Quand il était dans le confinement, il dit qu’il avait peur de tout.

(p.13) Quand il a été enlevé, tout a basculé. On l’a fait passer, d’un coup, de libre à captif et c’était clair. La violence, c’était ça. Depuis, la violence est insidieuse. Elle en vient plus seulement des autres. Il l’a incorporée.

La violence, c’est de ne plus se fier à rien. Même pas à ce qu’il ressent.



Il veut se retrouver dans l’enfance, le trio – il est bien obligé de revisiter tout cela. Sa mère aussi, pour la question de son rapport au reste du monde. Comment on fait pour refaire lien avec les autres ?



 « Qu’est-ce que tu ne me dis pas, Etienne ? »

L’enfance ne nous relie pas au monde quand le lien s’est défait.



 Qu’est-ce que cela veut dire ?

Ce que vous voulez.

Parfois les liens de l’enfance se défont et il faut bien l’accepter. Cela nous arrive à tous. Les frères et sœurs. Si un jour le lien se défait, il faut refonder le rapport au monde d’une autre façon.

Sur ces manques (du père, de la mère, des deux), ils se sont reconstruits autour d’Irène. Qui dit à un moment qu’elle n’attendra plus.

Moi je crois que c’est possible. Cela ne veut pas dire qu’elle n’espère plus. C’est le moment où elle accepte de l’avoir voué au temps.

(p.60) Son pas aura désormais cette fragilité de qui sait au plus profond du cœur qu’en donnant la vie à un être on l’a voué à la mort. Et plus rien pour se mettre à l’abri de cette connaissance que les jeunes mères éloignent instinctivement de leur sein. Parce qu’il y a dans le premier cri de chaque enfant deux promesses conjointes : je vis et je pourrai. Par ton corps je viens au monde et je le quitterai seul.

Il n’y a pas de merci.

Et toute cette attente et tout le travail de l’enfantement mènent à ça.

Celle qui a fait naitre atteint cette évidence, dans une part opaque d’elle-même. Elle sourit elle pleure de joie et de longue fatigue, autour d’elle on se réjouit mais elle, elle a touché à l’endroit sacré : la vie et la mort ne sont pas unies, elles sont juste jointes, et elle n’aura jamais assez de ses deux mains pour prier. A qui dire cela ? A qui confier ce qu’elle a pressenti, qu’elle ne sait pas nommer ? Il faudra pourtant qu’elle réponde de tout cela toute sa vie dans la part obscure que les mères tiennent cachée. Et toute sa vie elle luttera contre la peur sourde de qui a voué un être au temps. Elle transportera la crainte d’abord sur les petits riens de l’enfance vulnérable : une chute possible, un mauvais mal. Mais la grande peur, celle qui traverse les rêves obscurs, elle n’en parlera à personne. Jamais. C’est l’ombre des mères.



Elle sait qu’elle ne peut pas faire plus que ce qu’elle a fait. Il y a une part qu’elle n’atteindra pas. Ne plus attendre, c’est ça ne plus attendre.



-         Finalement, c’est un grand livre sur les mères…

Oui, sur les femmes. C’est un livre qui travaille sur ce que c’est que mettre au monde. Celui qui a été mis au monde par le corps de la mère doit le faire seul. On ne peut pas faire autrement. Autant croire que c’est bien comme ça. J’ai touché à ça en écrivant Otages intimes et ce n’est pas rien. On découvre plein de vie, de possibilités de vie, qu’on ignorait et qui attendaient qu’on y aille.

C’est bien, je découvre avec toi que c’est ça.



Rentrée de SEPTEMBRE  pour  l'atelier d'écritur

LORRAINE 


Et s’il ne vous restait qu’un seul adjectif ? Ce serait lequel et pourquoi ?

« J’aime ces deux voyelles dans le mot : exquise
L’une qui donne vie dans une respiration, l’autre qui s’étire dans un sourire,et ce petit z qu’on entend à peine, un petit fruit piquant.



Charmante ? non, elle est trop jeune,

Ravissante ?non, elle n’est pas encore stable.

Mignonne ? c’est tellement pauvre

Gentille ? banal, c’est trop facile.

Jolie ? Qu’est ce que ça veut dire ?



Pas encore jeune fille, déjà plus petite fille…

Longue, mince, souriante,

 yeux verts et cheveux châtains,

 aimable, douce,

 serviable,

 rieuse et gaie…



.Lorraine est exquise. »


 Jeu des mots en AOUT 
 Par une belle soirée d'été , trois couples ( allemand, australien et français ) devisent autour d'une bonne bouteille .
 " Moi , dit Brenda , mon mot étranger préféré , c'est PIANISSIMO ,doucement en italien, c'est si romantique .
Et l'italien nous fait voyager ajoute Bernard : il suffit de penser à "E PELICOLOSO SPORGERSI" pour s'imaginer  dans un train la valise à la main !
Andréa, elle , préfère LE DISTRIBUTEUR AUTOMATIQUE DE BOISSON ; c'est tellement plus joli qu'en allemand !
Moi j'ai une tendresse pour STEPPING STONES:c'est un mot gai ce gué anglais ! et puis  j' aime   sauter sur des cailloux pour  traverser les  ruisseaux...
Quant à Pierre, il  ne regrette pas l'époque où il fumait mais il a toujours plaisir  à  demander une petite boite d'allumettes  en allemand ; KLEINES STREICHHOLZSHACHTELCHEN....
Mais ce n'est notre plus long mot précise Marc ; il y a par exemple DOMSCHIFFALIRSTSKAPITARISMUTZE ( le chapeau du capitaine qui conduit le bateau sur le Rhin à Cologne nous explique Andréa  ) 
Et en France c'est anticonstitutionnellement ... Pareillement en Australie ...

On aurait du faire un scrabble .....
  
Solange


 Pour  juillet  un

« A la manière de ... » Aimé Césaire  
Pour Martine

Avec des éclats de rire

Avec des éclats de cœur

Avec des écarts de plume

Avec des saperlipopette

Avec mon souvenir le plus ancien

Avec « non mais tu blagues, Albert, j'espère ! »

Avec le trouillomètre à zéro

Avec deux grands rosiers

Avec le crayon mais sans la gomme

Avec ou sans fascination

Avec ou sans inspiration, en un mot comme en cent,

Sans faute, sans vergogne et sans plus tarder,



Te dire merci

                                                                                        Par Maryse 

 Juin nous livre quelques secrets de l'atelier écriture 
Christian Mourgues nous a confié : 
   UN REVEIL
Avec mes possibilités j’envisage d’observer

Avec mes observations je déduis l’objet

Avec l’objet je raisonne sur le fonctionnement

Avec son fonctionnement ce n’est pas évident

Avec son mécanisme il me faut réfléchir

Avec mes réflexions j’hésite et je me perds

Avec mes erreurs je dois recommencer

 Avec avec ma patience je garde de la constance

Avec la persévérance j’obtiens des résultats

Avec les résultats je suis estomaqué


Mai et ses beaux jours

C’est le printemps

Les oiseaux dansent chantent

 nous égaillent de leurs

Cui...Cui...

Leurs  poursuites

 extravagantes

 Semblent sans fin

Cui...Cui...

Les hirondelles nous surprennent

 dans leurs virements d’ailes

font elles aussi

 entendre leur gazouillis

Cui...Cui...

les papillons virevoltent

à l’unisson

nous étonnent toujours

par leurs brusques

 changements de direction...

cuit !  cuit !

annoncera la cuisinière

 bien programmée  

à la maîtresse de maison

enchantée de pouvoir

 inviter la maisonnée

à venir s’attabler...

le négociant par contre

pensera ou bien dira 

devant les difficultés

rencontrées

lors des négociations

cette affaire

ce n’est pas du tout cuit...

j’ose même le féminin

en évoquant celles et ceux

qui en ramassent une belle !

 plus écologiquement

en cette période printanière

ceux qui cultivent avec soin

leur pré-carré

savoureront les carottes

 fraîches de leur jardin

quand elles aussi

 le seront...

ce dont je suis sur

comme poème

 un tel texte

                                                                                       c’est cuit !            


      
                                                                                                 Jean  Miot                        
                             ........................................................................

 April  by English group 
 Le groupe d'anglais vient de terminer son année scolaire.
Nous nous retrouvons 2 fois par mois pour passer une soirée conviviale et pour discuter de sujets divers en anglais.
Au cours de l'année nous avons fait notre « Bucket list »
Il s'agit d'une liste recensant les choses que nous aimerions réaliser avant de mourir.
Le terme « Bucket list » vient d'une expression anglaise « to kick the bucket » qui veut dire mourir.
Voilà la « Bucket list » :
To fly up with a hot air baloon
To go to the foot of a rainbow
To climb the Mont Everest
To travel to the moon
To have a meal in the best restaurant of the world (in Japan)
To play the piano « Letter to Elise » in the church of Ameugny
To travel to places we don't know
To play in a musical in a real theatre (make up, costumes...)
To write a book inspired by my family
To watch a Cirque de Soleil show
To see wales dancing in the ocean
To speak languages
To see the Northern Light
To take a bath in Iceland
To have enough time to do everything I want to do...

 Le groupe reprendra ses activités au mois de septembre.
                                                                ..............................................
Mars voit  éclore le 17° printemps des  Poètes.

Lucien Guérinel nous parle d'
                                               Amour

                   au delà de ta bouche
                   au delà de tes yeux
                   j'ai gouté le pain
                   j'ai retaillé les joncs
                  qui suspendaient ma vie
                   j'ai suivi le chemin tracé
                   sur la courbe de tes cils
                   où le soleil s'engouffre 
                   avant d'élargir la nuit 
                                        extrait du recueil ''acte de présence'' 

 Et Jean Miot   nous conte  la perception  du  poème

poète
 

poètes je ne peux

vous lire qu’a moitié

l’autre est en moi

 sereine

bien prête d’éclater

à votre  imaginaire

je préfère mes mots

s’ils sont moins pertinents

 en seront ils moins beaux

ces serviteurs obscurs

de nos pensées profondes

font la ronde de tout

dans notre monde idiot

qui ne sait même plus

jouer  avec un mot



Jean Miot
merci à tous deux pour ces mots doux
                                          ................................................................................

L'atelier écriture est s'exprime en février au travers ce beau  texte  de 1998 
sur Ameugny ....d'Albane Rigo 
S’il y a des lieux magiques, traversés par des fleuves, Paris, Budapest, Chalon sur Saône, Ameugny n’a pas ce sort là ; le village d’Ameugny est étreint par la Grosne et la Guye. Il n’est pas partagé, il est enrubanné, rassemblé par ces deux vallées. L’éclat d’or ou de cuivre de ses pierres, de ses fermes ajoute une présence, une vie à la modestie de ses proportions, à la discrétion de son attrait, à la décence, à la fois rigoureuse et voilée de la présence, modeste altitude du rocher, brume magique des vallées.

Toute sa vigueur est atténuée et discrète, sa beauté est douce ; comme dans un poème les « e » muets ne comptent pas et adoucissent la sonorité du vers ; Ameugny est paradoxe, ambivalence, vigueur mâle et fraicheur féminine. Casque de fer et longs gants de chamois, il provoque et insidieusement attire.

Il ne faut pas l’attaquer, il se défendra en douceur …

Mais qui donc n’est pas né ici peut comprendre Ameugny ??
                                        ..................................................................................

Janvier aurait voulu nous laisser sans voix ......alors juste un mot ...le plus cher...
                                                      Liberté
                                            .....................................................
Décembre a  commencé en poésie .....pour vous faire oublier la grisaille...

Nous sommes les bûcherons
nous hachons  nous bûchons
nous abattons
et nous chantons a l’unisson
OUM... !... OUM !... OUM !

 Nous sommes les jardiniers
prêt a bécher sarcler
Semant piochant replantant
A tout instant  
Et nous chantons a l’unisson  
OUM... ! OUM... ! OUM... !

Nous sommes les couvreurs
La tuile a portée de main
Traçant taillant pointant
Et nous chantons a l’unissons
OUM... ! OUM... ! OUM... !

 Nous sommes les menuisiers
Attentifs au tracé nous scions
 assemblons mortaises et tenons
Et nous chantons à l’unisson
OUM... ! OUM... ! OUM... !

Nous sommes les vignerons
Le temps souvent nous presse 
Nous greffons nous plantons
 nous élevons nous cueillons
Et ensemble nous chantons
La vigne et le bon vin
OUM... !OUM... !OUM... !

Nous sommes
docteurs tailleurs
rippeurs chanteurs
ingénieurs facteurs
bâtisseurs mineurs
danseurs acteurs
quand nous nous retrouvons
nous balayons nos divisions
 nous sommes heureux
nous buvons et nous chantons
OUM... ! OUM... ! OUM... !
nous nous grisons
OUM... ! OUM... ! OUM... 
nous fusionnons
OUM... ! OUM... ! OUM... 

 associons nous à ses professions
grâce auxquelles nous vivons
ensemble de grand cœur
  trinquons dansons chantons
 chacun à notre façon  
OUM... ! OUM... ! OUM...
                                                                                               Jean Miot


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